Consignes pour débutant

La méditation proposée ici est issue de la méditation pleine présence de Danis Bois. À une époque où le virtuel et l’artificiel se présentent comme des progrès, la présence est le choix d’une vie plus authentique, plus reliée (au vivant, à soi, à l’autre). Être présent, pour nous, c’est être davantage au fait de nos désirs, de nos émotions, des enjeux qui gouvernent nos relations. C’est être plus en accord avec ce qui nous anime profondément et relever le défi de vivre chaque parcelle du temps qui nous est accordé.

La pratique

Le contexte

Terre de silence propose chaque matin une méditation en direct, émergente, pour nourrir cette quête de présence. Pour vous y préparer et mieux en tirer bénéfice, nous vous proposons un cycle de méditations pour débutants. Ces méditations plus courtes et plus accessibles explorent de manière progressive les étapes et les différents outils de notre méditation. Elles constituent ainsi un ensemble permettant à la personne de se familiariser avec la pratique. Chaque étape peut être explorée et apprivoisée à volonté, chacun selon ses besoins.

La méditation, c’est d’abord un contexte, une mise en situation. On installe des conditions particulières, qu’on rencontre très rarement dans le quotidien et qui favorisent une plus grande disponibilité intérieure. Ensuite, on observe comment agissent ces conditions, quels sont leurs effets et comment elles contribuent, progressivement, à installer une plus grande qualité de présence.

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La posture

Il n’y a pas de posture prédéterminée. On s’orientera néanmoins vers une position qui favorise à la fois le relâchement comme attitude d’accueil et une certaine verticalité qui soutient notre attention. Chacun choisit la posture qui lui correspond le mieux, sachant qu’elle peut varier d’un jour à l’autre : certains jours, j’ai besoin de centrer mon attention et pour cela d’être bien en appui, les mains posées sur les cuisses, voire de me pencher légèrement en avant ; d’autres jours à l’inverse, j’ai besoin d’ouvrir mon attention - si elle est trop concentrée par exemple - et je vais plutôt m’adosser confortablement en arrière.

Les yeux

Les yeux ouverts ou fermés ? Là aussi, cela dépend de ce qui vous aide à être plus présent. Si on est fatigué, ouvrir les yeux peut nous aider à être plus éveillé, plus attentif. Mais en général, fermer les yeux permet de beaucoup mieux percevoir ce qui se passe à l’intérieur de soi, de mieux écouter.

L’immobilité

L’immobilité fait partie des conditions qu’on installe pour mieux percevoir notre intériorité, pour mieux ressentir ce qui nous anime. C’est une immobilité de repos, c'est-à-dire que ce n’est pas une immobilité verrouillée, figée, mais une immobilité qui est le fruit du relâchement, qui résulte d’une absence d’action gestuelle. Le relâchement sort le muscle de sa fonction motrice et favorise sa fonction sensorielle : on se ressent davantage.

Le silence

Le silence est un élément important ; on choisit autant que possible un environnement calme, où on ne sera pas dérangé. Une fois déposé et disponible, on pose son attention sur le silence. Écouter le silence, c’est écouter là où, apparemment, il n’y a rien à entendre. Le silence est un miroir de l’écoute : il me révèle comment j’écoute, comment mon écoute influence l’environnement (le silence dans le cas présent, mais notre écoute peut influencer différentes choses) et comment je me laisse influencer, toucher, renouveler par ce que j’écoute. Il y a un dialogue entre le corps, la matière vivante du corps, et le silence, chacun sensible aux variations de l’autre, créant un accordage entre moi et mon environnement.

La lumière

Dans le même ordre d’idée, tout en gardant les yeux fermés, j’observe ce qui se révèle à mon regard (luminosité, couleurs, mouvement). Ce faisant, j’apprécie également la qualité même de mon regard. J’essaie de ne pas avoir un regard focalisé, de gagner en profondeur de champ (comme si je regardais depuis l’intérieur jusqu’à l’horizon), je laisse mon regard devenir plus panoramique, plus ouvert. Il y a ainsi une interaction, un dialogue entre ce que je vois et mon corps.

La sensation de poids

Le relâchement aboutit à la sensation de moins porter les choses, de moins « retenir ». J’accède alors à la perception de mon propre poids, de ma propre consistance. Cela apporte également un état d’ancrage, de plus grande stabilité. La sensation de poids est ainsi le signe que je suis déposé, disponible. Progressivement, la volonté elle-même se relâche et se fait plus discrète. C’est une étape qui est déjà un fruit de la méditation

La chaleur

Lorsque le relâchement gagne en profondeur, il ne concerne plus seulement les muscles, mais tous les tissus vivants qui constituent le corps. On peut alors avoir un ressenti de desserrement, d’espace. Outre la sensation de retrouver de l’espace, cette dilatation intérieure favorise la perception de notre propre chaleur. C’est une chaleur douce, qui se déploie dans le corps et qui procure une sensation de bienveillance, de confiance.

Le mouvement interne

Au sein de l’immobilité relâchée je peux percevoir un ensemble de tonalités, de variations, de mouvements. Avec de la pratique, je peux ressentir le mouvement interne, comme une force de vie qui anime la matière du corps. Cette animation intérieure, je l’écoute, je l’observe, je la laisse agir, curieux de ce qu’elle entreprend, déclenche ou touche plus particulièrement en moi. Je prends ainsi contact avec ce qui m’anime intérieurement, au sens propre comme au sens figuré.  

L'évolution

L’attention est très active au début, je la guide et je l’oriente si nécessaire, jusqu’à ce que se construise une qualité de présence plus pleine. L’attention est à la fois ce qui déclenche ou favorise les sensations et ce qui capte, ce qui saisit les informations que délivre le corps. Puis, progressivement, la présence se déploie, offrant une sensation de plénitude, corporelle mais aussi psychique. Au fur et à mesure que je gagne en présence, l’attention ne précède plus les sensations, mais se laisse appeler par elles. L’attention reste stable, mais elle se fait plus panoramique, à la fois plus légère et plus affutée, saisissant les sensations, tonalités, mouvements, émotions et même pensées qui surgissent comme autant d’informations. La présence se concrétise alors par une attention qui ne demande plus d’effort ; elle offre un incomparable outil de relation à soi et au monde.